Christian Ronceray Critiques

Il arrive que l'enseignement et la littérature produisent des artistes, et notamment des peintres.
Et toujours, ces peintres composent des oeuvres très originales, d'une qualité incontournable et personnelle, constat qui s'applique sans ambage à Christian RONCERAY, ce remarquable artiste de la Manche qui honore les différents sites où il expose, en France et en Europe.

D'abord, Christian RONCERAY composait les fonds de ses tableaux telle une peinture à part entière, y déposant de superbes couleurs irisées dans une gamme chaleureuse et une forme somptueuse qui servaient à merveille d'écrin à la réalité de l'oeuvre.

Puis, toujours fidèle à l'atmosphère chaleureuse, l'artiste définit d'étranges et poétiques paysages, dont la sobriété fournit néanmoins une impression de sérénité à la lumière diffuse, au gré d'oeuvres pleines d'intérêt et d'un charme certain, et où les plans captivent par la magie de leur poésie.
Christian RONCERAY découvre également de nouveaux supports tels que la toile de jute, le papier kraft ainsi que la pyrogravure qui génère une nouvelle quête livresque et d'écritures.

L'artiste ne se compromet jamais avec modes, actualités, tendances et là se situe l'essence-même de son talent. Toujours attentif à l'imaginaire, il transmet sérénité et pureté en chaleureux monochromes d'où surgissent , mystérieux et pourtant rassurants, d'impalpables paysages et des refuges pleins de promesses et d'avancées artistiques.

André Ruellan
Critique d'Art


Christian RONCERAY travaille l’huile sur toile, en silence, jour après jour. Il s’astreint à une discipline ascétique, soumis à cette nécessité, ce « devoir » de peindre qui le coupe du monde. Pour lui « peindre c’est vouloir arrêter le temps ». A la peinture il mêle du plâtre, des chutes de tissu, des morceaux d’ardoises, des fragments d’écorce…, matière chaotique et aléatoire de laquelle naît le tableau. « Il n’y a rien de pensé, d’imaginé par avance ». Les textures denses, frottées, griffées évoquent la terre, le bois, la pierre, le feu ; les couleurs sont chaudes et rondes : palette de sépia, aux reflets d’or et de cuivre. Des silhouettes sans âge, nues et désarticulées ou mystérieusement drapées, se détachent de paysages bruts, intemporels. Tour à tour figées, recueillies, en méditation ou désespérément animées, tiraillées dans une ronde effrénée, elles semblent poursuivre une quête éperdue. A la fois immenses et dérisoires, multiples et esseulées, les figures de Christian RONCERAY sont à l’image de l’humanité.

Isabelle Pierre


Il y a les peintres qui se cantonnent à copier la nature. Ils font des bouquets de fleurs et des sous-bois... mais ont parfois du talent. Il y a aussi ceux qui depuis quelques décennies font de l'abstrait... On aime quand on comprend et parfois, aussi, si l'on est snob.

Et puis il y a Ronceray. Christian est un homme charmant, timide et qui peint. Il parle peu. Les photos le font fuire. Il a appris tout seul mais aujourd'hui reste maître dans son art. Il ne fait comme personne. Ses tableaux sont colorés, très colorés même et ses dominantes orangées et vertes ne sont exécutées qu'avec un seul pinceau. Il peint tellement... mais produit tant ! II exécute ses œuvres dans le grand respect que la chimie de la peinture exige ; on laisse sécher, on peint sur de bons supports. On ne fait pas de l'instantané mais on travaille pour le temps qui nous dépassera de toute façon.

Christian Ronceray a donc un esprit particulier. Au début, on ne voyait que des hommes sans sexe, errer dans des paysages déserts… Etrange ambiance que le peintre refusait d’expliquer.

Désormais, ils parlent, ils se rencontrent. Il les met dans un univers social. On voit des maisons. On rencontre des animaux. Ils font même l'amour — semble-t-il —dans la rue, s'enlacent au pied d'un arbre. On voit même un homme qui vole dans un de ses tableaux.

Bien sûr, il n'est pas commun de parler ainsi de la peinture mais elle est si singulière. Christian Ronceray commence à sortir de ce silence caractéristique à sa peinture. Il crée un monde. Quand vous regarderez les tableaux, vous aurez l'impression non pas d'y être mais de survoler ces scènes de villes et de villages. On est loin de cette peinture froide d'il y a deux ans. Maintenant, et pour des mêmes couleurs, on s'y sent bien. On a envie de partager cet univers qu'il offre à ses bonshommes et à leurs animaux.

Une peinture très particulière que celle de ce jeune peintre qui crée autant qu'il jette mais avance en ne gardant que ce qu'il aime. S'il est certe discret, il n'a pas dit son dernier mot.

J.-F. L.
"Le Journal de l'Orne" - 1993


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