Christian Ronceray Critiques

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mis à jour le 31/01/13

expo personnelle à l'Usine à Zabu - St-Germain-des-Angles

SUR LES TRACES DE CHRISTIAN RONCERAY

"Poursuivant l'oeuvre de Jean Zabukovec, son épouse Joëlle et les amis de l'Espace Culturel de Saint-Germain-des-Angles consacrent une magnifique exposition au peintre Christian Ronceray. Pas moins de 120 tableaux illustrent l'univers de cet artiste hors du commun. Travaillant sur toile de jute, Ronceray réinvente la mémoire et l'imaginaire des lieux qu'il traite comme des apparitions surgies des strates profondes du temps.

Les ingrédients de Christian Ronceray semblent en parfaite adéquation avec le sens de sa démarche : toile de jute qu'on dirait patinée par l'usage, écorces de bouleau, papiers collés, silhouettes d'arbres aux couleurs de rouille... fragments assemblés comme autant de repères blottis au fond de sa mémoire. En marge du temps ordinaire (celui qui ne laisse pas d'empreinte), des traces à demi effacées ou comme estompées par la brume se dévoilent peu à peu, porteuses d'une histoire dont on cherche à dénouer ou retrouver le sens. Troublé par ces apparitions soudaines, ces demeures brinquebalantes, ces vagues têtards de saule, le visiteur parfois retient son souffle, comme si ces images flottantes, improbalbles, lui évoquaient soudain quelque chose de familier, une lointaine enfance peut-être ? C'est en vain que l'oeil chercherait l'indice d'une présence humaine. Seul le vent paraît habiter ces espaces voués à l'oubli, à l'effacement progressif, au silence triomphant des demeures désertées.

Alors que notre monde se complaît dans l'agitation, voilà un homme pour nous rappeler que le présent n'est qu'illusion, que seule la présence fait de nous des êtres vivants. La seule réalité est celle de l'éphémère. En explorer l'intensité est faire de la vie un miracle. Quelques saints et quelques artistes y sont parvenus mais au prix de quels sacrifices ! Notre siècle de bateleurs, de bonimenteurs patentés n'a d'estime que pour l'imposture, le mensonge érigé en modèle comportemental. En marge des courants dominants, quelques artistes cependant s'appliquent à ne pas élever la voix. Leur démarche semble aux antipodes de la cacophonie ambiante. Ils ont fait de leur solitude un domaine enchanté, une source féconde, inspiratrice. La peinture de Christian Ronceray, si économe d'effets, si étrangère à la surcharge, explore les territoires du rêve mêlés aux ombres du passé pour faire resurgir un ailleurs. Aimant travailler par séries, il éclaire par ses titres ce qu'il tend à mettre en valeur, cette part infime mais essentielle qui fait de nous ce que nous sommes : Paysages aux arbres - Réminiscences ; Lambeaux de nature ; Il était une fois... ; Pour combien de temps ? ; Paysages-mémoire à travers lesquels des amers surgissent de l'opacité, jalonnant un domaine intime, un jardin protégé.

La mémoire est l'une des choses les plus précieuses que nous ayons. L'entretenir est une manière de ne pas succomber au néant. Ronceray le sait mieux que quiconque. "Il suffit de fermer les yeux pour faire exploser le monde" a écrit un immense cinéaste espagnol. Il voulait parler de celui qui s'impose à l'extérieur. Mais le monde intérieur de l'Homme est tout aussi vrai que celui dont les médias font leur credo. C'est un idéogramme intimiste, un refuge apaisant."

Luis Porquet - Critique d'Art 12 décembre 2012

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"La technique qu'utilise le peintre Christian RONCERAY est tout à fait originale. Travaillant sur de la toile brute, il fait surgir un paysage que l'on perçoit comme une sorte d'apparition, de vision fugitive, entrevue dans la brume ou les méandres de la mémoire. Le temps semble être la matière et l'objet même de sa recherche. Cette traduction troublante met  l'instant entre parenthèses et le présent en suspension. L'apaisement né de ces toiles nous soustrait aux lois de la fournaise, à l'agitation frénétique dont l'obsession dévore nos vies. C'est comme si nous entrions dans un refuge secret et bien gardé."                                                               

Luis Porquet - Critique d'Art décembre 2010

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Invitation à un voyage

A la plénitude de notre verticalité,
Entre rêve et réalité,
Au coeur de nos silences,
Là où le respire de la lumière caresse les souvenirs oubliés,
Il y a trace de nos mystères, de nos souffrances et de nos résurrections.
Quel besoin ai-je de t'écrire mon ressenti mon Ami ?
Alors que ma paix intérieure est si parlante au regard de l'oeuvre.
Être avec la beauté nue d'un paysage.
Être avec l'odeur musquée de la terre mouillée,
Quand les brumes du matin montent aux cieux,
Enrobant d'un voile l'union d'un moment,
Qui devient éternel à la pointe de ton talent.
Être avec la lumière, quand celle-ci dévoile à nos yeux
La beauté d'une rondeur,
La courbure échappatoire d'un chemin,
Le flottement imperceptible des éléments,
Entre lignes et espace.
Être avec la lumière, quand celle-ci dévoile à nos yeux,
La silhouette élégante d'un arbre qui s'élance entre ciel et terre,
Et se berce d'un caprice matinal.
Être avec la lumière, quand celle-ci nous invite
A voyager pour mieux exister,
De quelle grâce est ton art pour qu'à nos yeux
Se révèle tant d'humanité en paysage.
Quel besoin ai-je de t'écrire mon ressenti mon Ami ?
Sinon de te dire combien je respire et suis,
Dans l'humanité créée.
Merci de tout cela mon ami, demain sera beau...
Nous pouvons vaquer dans le tumulte, une image sereine est en nous.

Gérard Beaujard juillet 2007

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"Il arrive que l'enseignement et la littérature produisent des artistes, et notamment des peintres. Et toujours, ces peintres composent des oeuvres très originales, d'une qualité incontournable et personnelle, constat qui s'applique sans ambage à Christian RONCERAY, ce remarquable artiste de la Manche qui honore les différents sites où il expose, en France et en Europe.

D'abord, Christian RONCERAY composait les fonds de ses tableaux telle une peinture à part entière, y déposant de superbes couleurs irisées dans une gamme chaleureuse et une forme somptueuse qui servaient à merveille d'écrin à la réalité de l'oeuvre.

Puis, toujours fidèle à l'atmosphère chaleureuse, l'artiste définit d'étranges et poétiques paysages, dont la sobriété fournit néanmoins une impression de sérénité à la lumière diffuse, au gré d'oeuvres pleines d'intérêt et d'un charme certain, et où les plans captivent par la magie de leur poésie.
Christian RONCERAY découvre également de nouveaux supports tels que la toile de jute, le papier kraft ainsi que la pyrogravure qui génère une nouvelle quête livresque et d'écritures.

L'artiste ne se compromet jamais avec modes, actualités, tendances et là se situe l'essence-même de son talent. Toujours attentif à l'imaginaire, il transmet sérénité et pureté en chaleureux monochromes d'où surgissent , mystérieux et pourtant rassurants, d'impalpables paysages et des refuges pleins de promesses et d'avancées artistiques."

André Ruellan - Critique d'Art 2004-2007

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"Christian RONCERAY travaille l’huile sur toile, en silence, jour après jour. Il s’astreint à une discipline ascétique, soumis à cette nécessité, ce « devoir » de peindre qui le coupe du monde. Pour lui « peindre c’est vouloir arrêter le temps ». A la peinture il mêle du plâtre, des chutes de tissu, des morceaux d’ardoises, des fragments d’écorce…, matière chaotique et aléatoire de laquelle naît le tableau. « Il n’y a rien de pensé, d’imaginé par avance ». Les textures denses, frottées, griffées évoquent la terre, le bois, la pierre, le feu ; les couleurs sont chaudes et rondes : palette de sépia, aux reflets d’or et de cuivre. Des silhouettes sans âge, nues et désarticulées ou mystérieusement drapées, se détachent de paysages bruts, intemporels. Tour à tour figées, recueillies, en méditation ou désespérément animées, tiraillées dans une ronde effrénée, elles semblent poursuivre une quête éperdue. A la fois immenses et dérisoires, multiples et esseulées, les figures de Christian RONCERAY sont à l’image de l’humanité."

Isabelle Pierre janvier 1999

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"Il y a les peintres qui se cantonnent à copier la nature. Ils font des bouquets de fleurs et des sous-bois... mais ont parfois du talent. Il y a aussi ceux qui depuis quelques décennies font de l'abstrait... On aime quand on comprend et parfois, aussi, si l'on est snob.

Et puis il y a Ronceray. Christian est un homme charmant, timide et qui peint. Il parle peu. Les photos le font fuire. Il a appris tout seul mais aujourd'hui reste maître dans son art. Il ne fait comme personne. Ses tableaux sont colorés, très colorés même et ses dominantes orangées et vertes ne sont exécutées qu'avec un seul pinceau. Il peint tellement... mais produit tant ! II exécute ses œuvres dans le grand respect que la chimie de la peinture exige ; on laisse sécher, on peint sur de bons supports. On ne fait pas de l'instantané mais on travaille pour le temps qui nous dépassera de toute façon.

Christian Ronceray a donc un esprit particulier. Au début, on ne voyait que des hommes sans sexe, errer dans des paysages déserts… Etrange ambiance que le peintre refusait d’expliquer.

Désormais, ils parlent, ils se rencontrent. Il les met dans un univers social. On voit des maisons. On rencontre des animaux. Ils font même l'amour — semble-t-il —dans la rue, s'enlacent au pied d'un arbre. On voit même un homme qui vole dans un de ses tableaux.

Bien sûr, il n'est pas commun de parler ainsi de la peinture mais elle est si singulière. Christian Ronceray commence à sortir de ce silence caractéristique à sa peinture. Il crée un monde. Quand vous regarderez les tableaux, vous aurez l'impression non pas d'y être mais de survoler ces scènes de villes et de villages. On est loin de cette peinture froide d'il y a deux ans. Maintenant, et pour des mêmes couleurs, on s'y sent bien. On a envie de partager cet univers qu'il offre à ses bonshommes et à leurs animaux.

Une peinture très particulière que celle de ce jeune peintre qui crée autant qu'il jette mais avance en ne gardant que ce qu'il aime. S'il est certe discret, il n'a pas dit son dernier mot."

Jean-François Lefèvre 1993


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